L’Autriche se dit prête à fermer sa frontière avec l’Italie

Les relations se tendent entre l’Autriche et l’Italie. Il y a quelques semaines, l’annonce par le ministre autrichien de la Défense, le social-démocrate Hans Peter Doskozil, que son pays s’apprêtait à protéger sa frontière en cas de mouvement migratoire massif en provenance du Sud a provoqué un tollé politique en Italie. Quatre véhicules blindés et 750 soldats sont désormais déployables en quarante-huit heures au col du Brenner, considéré comme le nœud stratégique entre le nord et le sud des Alpes. Une barrière et un poste de contrôle en préfabriqués sont également prêts à être activés. Simples manœuvres électorales en vue des législatives? Force est de constater que sur le terrain, les contrôles s’accentuent (…)

A quelques centaines de mètres, l’ancienne guérite des douaniers est vide depuis l’adhésion de l’Autriche à l’Union européenne, il y a 22 ans. Mais les forces de l’ordre peuvent toujours intercepter des véhicules en amont et en aval de la frontière. Côté autrichien, une centaine de policiers est ainsi affectée à la zone frontalière. Ponctuellement, ils opèrent des contrôles à des points stratégiques de l’autoroute A13 qui mène à Innsbruck et, 40 kilomètres plus loin, à l’Allemagne. Des patrouilles internationales parcourent aussi les trains qui transitent dans l’étroit col du Brenner. Une dizaine de clandestins sont ainsi interpellés chaque jour.

A moins de deux kilomètres, côté autrichien, un chantier a débuté mardi dernier. «Ici, nous construisons une station de contrôle qui servira surtout pour les trains de marchandise», explique Marius Meisinger, directeur adjoint de la police de l’immigration tyrolienne. Il s’agit d’optimiser les procédures de contrôle et d’en assurer la sécurité – à la fin de 2016, un jeune Erythréen est mort sur les rails en essayant de passer illégalement en Autriche. Mais, ici non plus, pas question de contrôles systématiques… pour l’instant.

«Il s’agit de mesures de précaution. Si la route migratoire de l’Italie n’est pas réduite, alors la pression sera telle avec les contrôles côté allemand que tous les migrants se retrouveront ici, dans le Tyrol», explique le président du parlement du Land, le conservateur Herwig van Staa. «Or, nous avons déjà, en proportion, cinq fois plus de demandeurs d’asile ici que dans le Tyrol italien!» Herwig van Staa considère que les menaces de fermeture sont «un appel à l’Union européenne», qui devrait tenir ses frontières extérieures hermétiques et organiser une répartition équitable des réfugiés entre les pays membres.

Les responsables autrichiens craignent que Rome, confrontée à des arrivées nombreuses dans la Méditerranée, ne laisse passer davantage de migrants vers le nord (…)

Source : https://www.tdg.ch/monde/vienne-dit-pret-fermer-frontiere-italie/story/29292698

Rappel : https://civilwarineurope.com/2017/07/04/lautriche-prete-a-deployer-larmee-a-la-frontiere-si-lafflux-de-clandestins-ne-ralentit-pas/

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