France : dans certains quartiers de Lille les femmes ne sont plus les bienvenues

« Jamais je ne me balade. Je ne sors que pour aller chercher les enfants à l’école et faire les courses. » Une phrase qu’on voudrait voir sortir d’un autre temps, d’une autre civilisation, d’une autre ville. Mais ce sont les mots d’une jeune mère de famille, croisée vendredi matin, place Caulier à Lille, dans le quartier de Fives. « Simplement marcher sur le trottoir peut devenir une épreuve », dit-elle encore, faisant référence à ces terrasses de bistrots et de salons de thé qui débordent tout le long de la rue Pierre-Legrand.

Ce vendredi, l’association Paroles d’habitants a fait la restitution de ses marches exploratoires fivoises. Sur le principe de ce qui s’est déjà fait à Lille-Sud et au Faubourg-de-Béthune, des femmes ont marché et ont ensuite partagé leurs impressions. Elles ont marché (en mars) à des moments différents de la journée, dans des endroits différents du quartier. Un matin du côté de la rue du Long-Pot et du centre social Roger-Salengro. Un après-midi autour de la place Caulier. Entre les rues Lannoy et Pierre-Legrand en soirée et même jusqu’en début de nuit. « C’était pas triste », avoue une des marcheuses. « Oh oui, vraiment pas triste », renchérit une autre. Et pourtant, elles ont osé. Oser aller engager la conversation avec ces hommes qui tuent le temps devant les salons de thé.

– « Pourquoi il n’y a jamais de femmes ? »
– « Les femmes sont à la maison avec les enfants. »

Les échanges n’iront pas plus loin. Catherine, du Petit-Maroc, avance son explication : « En fait, eux (les hommes), ils sont chez eux dans la rue et nous (les femmes), on ne doit faire que passer. » Dominique compte aussi parmi ces marcheuses. Elle dénonce l’absence de propreté et les trafics de drogue, square Lardemer ou place Degeyter. « Les jeunes nous demandent en rigolant pour combien on en veut. Pourtant le commissariat n’est pas loin. Vous savez, moi le soir, je n’aurais jamais traversé le square des Mères toute seule. » Les autorités (au sens large du terme) à qui vont être remises les synthèses reprenant tout ce que ces femmes ont courageusement dénoncé ne pourront plus dire qu’elles ne savaient pas.

Source : http://www.lavoixdunord.fr/185365/article/2017-07-01/je-ne-sors-dans-la-rue-que-quand-j-y-suis-obligee

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Catégories :France, Nord Pas-de-Calais

1 réponse

  1. mais heureusement y a macron, il suffit de fermer les yeux et de prendre des somniferes en continuant a voter comme des abrutis…

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