L’analyse du jour : faites ce que je vous dis et non pas ce que je fais

Ah la diversité culturelle… Lorsque nous écoutons l’électeur qui a voté pour Emmanuel Macron ou pour tout autre candidat de gauche, celle-ci est décrite comme quelque chose d’absolument merveilleuse. C’est que bien souvent, cet électeur n’a pas à subir les conséquences de cette diversité culturelle. Il a donc tendance à fantasmer sur elle. Et c’est bien connu, un fantasme ne doit pas se réaliser car la déception est souvent cruelle.

On en a une petite illustration avec le début de la polémique sur la volonté du nouveau Président de diviser par deux, dès la prochaine rentrée scolaire, les effectifs des classes de CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaire. Tous les bobos, toute la gauche et tous les syndicats avaient applaudis à cette proposition de celui qui n’était encore que candidat. Mais voilà, cette mesure demande d’affecter près de 4.000 professeurs supplémentaires dans ces écoles. Et pour que cette mesure soit efficace encore faut-il que ces professeurs soient les plus expérimentés possible. Et c’est là que la réalité rattrape le fantasme. Il y a très peu de volontaires pour quitter, après 20 ou 30 ans de métier, une école « tranquille » pour se retrouver dans des établissements difficiles. La diversité oui mais à condition que cela soit les autres qui se la coltinent.

Et c’est ainsi qu’on apprend qu’en 2015 et 2016 il a fallu organiser des concours spéciaux pour pourvoir les postes dans les académies de banlieue parisienne. Même les primes et les bonus crées pour la suite de leur carrière n’ont pas réussi à motiver les professeurs pour jouir de la diversité culturelle offerte généreusement par ses établissements. Quelle déception… Par conséquent, Emmanuel Macron envisage de réquisitionner les « volontaires ». Sauf que les syndicats y sont farouchement opposés. Et de nous apprendre, pour justifier ce refus unanime, que les jeunes professeurs nommés en primaire ou en collège dans ces fameux établissements demandent leur mutation… à peine nommés. Que les arrêts-maladie sont six fois plus nombreux dans ces écoles qu’ailleurs. Et qu’enfin il y a même des démissions. Et pour qu’un professeur démissionne…

Mais il n’y a pas que les professeurs qui soient hypocrites. Une grande partie de ceux qui ont voté Macron le sont tout autant. Comme l’a très bien dit Pierre Sautarel : « Quand t’es pauvre le seul truc qui pourrait éventuellement te protéger de l’immigration, c’est une victoire de Marine Le Pen. Quand t’es riche tu compte plus sur ton pouvoir d’achat et ton patrimoine qui permettent de t’en tenir éloigné, et donc sur le candidat qui les met le moins en danger ». Tout est dit.

Quelle meilleure illustration de cette hypocrisie générale que cette vidéo dans laquelle des bobos parisiens expliquent, « bien que de gauche », qu’ils ne mettront pas leurs enfants dans des établissement où règnent la diversité culturelle. Rappelons que c’est à Paris que Marine Le Pen a obtenu au second tour son plus mauvais score. A peine plus de 10 %.

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Catégories :France

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