France : une prof des quartiers nord de Marseille sort du silence

(…) Caroline prof dans Marseille nord : Elle est professeure des écoles spécialisées dans un collège de refondation de l’éducation prioritaire (Rep+) des quartiers nord de Marseille. Ses élèves de quatrième et de troisième sont des adolescents en échec scolaire et présentés comme « en grande difficulté ». Cette passionnée démontre qu’on peut les accrocher, les hisser, les éduquer (…)

Comment ça se passe ?

Tous les matins, c’est l’aventure, je ne sais pas ce qui va arriver. Je programme mon cours mais, face à des comportements ingérables, à des lacunes scolaires abyssales, je dois improviser et m’adapter à l’hétérogénéité du groupe (…)

Comment y parvenez-vous ?

J’essaie de trouver un biais pour entrer en contact avec eux : la fermeté, la gentillesse, l’attention. S’il n’y a pas un lien affectif, une mise en confiance, je ne les accroche pas (…)

Quelle est l’ambiance en classe ?

Les élèves se cherchent toute la journée, se moquent, s’insultent : “Il m’a regardé, il m’a dit : ‘Ta mère !’ ” Et ça part. Une gamine n’arrêtait pas d’ennuyer un gamin, plus renfermé. Elle lui répétait en rigolant : “T’es pas beau…” Il ne répondait pas. Et, soudain, il s’est levé et lui a mis une gifle.

Comment avez-vous réagi ?

Je n’insulte jamais, mais je dis avec force : “Ici, c’est pas la cité, c’est moi qui commande. Tu vas m’obéir sinon je te mets dehors.” Quand le gamin répond : “Essayez, je m’en fous”, je rétorque d’une voix blanche : “Attention, tu vas perdre.” Parfois, je prends leur sac et je le jette dans le couloir parce qu’ils ne veulent pas sortir. Alors ça devient : “Touchez pas à mon sac, c’est pas vous qui l’avez payé ! – Tu vas voir, je vais faire une note à ta mère ! Dis-lui de venir, je vais lui expliquer ton comportement !” C’est une lutte permanente. Un combat aussi pour qu’ils viennent en cours. Je leur répète que pour s’en sortir dans la vie, il est nécessaire d’avoir une formation, un métier, de l’argent (…)

Et vous, vous avez envie de sortir ces enfants de là.

Il faut voir ce qu’ils vivent ! Tout enfant qui grandit dans ces cités devient forcément un délinquant ; les parents ne leur parlent pas et les mettent dans la rue avec les grands frères qui dealent toute la journée. Leur seul espoir d’en sortir, c’est par l’école. Dans notre collège, en bordure des cités, il y a 500 gamins. Certains sont suivis par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), ont un casier judiciaire et manquent l’école car ils sont chez les flics pour deal, agression, vol (…)

Regardent-ils des vidéos de Daech ?

Je ne sais pas. En revanche, ils jurent sur la tête d’Allah, sur le Coran. Pendant le ramadan, sur une classe de 15, il n’y a que 2 élèves en cours. Certaines filles sont voilées et retirent leur foulard à l’entrée du collège. Avec eux, la religion est un sujet inabordable. Si ça vient sur le tapis, je fais semblant d’éluder. Ils se vantent d’être musulmans, se sentent du bled, pas français… Même si, sur leur fiche individuelle, ils ont tous écrit : nationalité française (…)

Les fléaux des cités s’exportent jusque dans l’école… Comment lutter ?

Depuis cette année, les profs signalent ceux qui peuvent être fichés S. Mais si ces ados sont très identifiés à l’islam, ils ne sont pas radicalisés. Ce qui m’inquiète le plus se situe au plan de la société : ces délinquants gangrènent maintenant le reste de la ville. Ils sont de plus en plus violents et nombreux et il n’y a ni sanction ni aide. La police n’a pas les moyens d’absorber 40 dossiers par jour. Les procédures sont longues à mettre en place et la réponse judiciaire à un vol est un simple rappel à la loi. L’idéal serait non pas de les enfermer mais de les sanctionner par des travaux d’intérêt public, comme nettoyer les rues. Pour les éduquer, il faut leur mettre des limites, ainsi qu’aux parents : ces enfants ne se sont pas inventés délinquants en sixième. Dès le CP, certains ne vont pas à l’école ! Moi, à mon niveau, je les punis en leur donnant une heure de cours supplémentaire ou en les privant de récréation…

C’est un problème culturel ?

Dans nos classes, on a deux Blancs. Les autres sont d’origine africaine, gitane, maghrébine. Une petite Gitane, qui est d’ailleurs persuadée que la “Gitanie” existe, est violente. On a fait venir le papa qui l’a apostrophée devant nous : “Quand tu auras 16 ans, tu arrêteras l’école et on te trouvera un mari !” Elle ne sortira pas de son milieu (…)

Source : http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Marseille-une-prof-des-quartiers-nord-sort-du-silence-1213484

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Catégories :France, Provence-Alpes-Côte d'Azur

1 réponse

  1. y parait que ces jeunes vont travailler pour nos futurs pensions , whaaa ha ha ha, excusez moi j’ai pas pu me retenir, c’est trop rigolo …..

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