La crise politique en Macédoine fait resurgir le spectre de tensions interéthniques

(…) Le ton entre la droite nationaliste (VMRO-DPMNE), arrivée au pouvoir en 2006, et l’opposition sociale-démocrate (SDSM), s’est durci depuis deux ans, sur fond d’accusations de corruption et d’écoutes téléphoniques illégales.

Trouvé en juillet 2015 grâce à la médiation de l’Union européenne, l’accord de Przino devait permettre d’organiser une transition politique avec la tenue de nouvelles élections législatives en avril 2016. Mais ces dernières furent reportées en raison notamment d’un appel au boycott lancé par l’opposition et du climat délétère à Skopje. Finalement, elles furent organisées en décembre dernier… Et leur résultat a encore aggravé la situation étant donné qu’aucun des deux camps n’a pu remporter une victoire nette.

En effet, le VMRO-DPMNE conduit par Nikola Gruevski a obtenu 51 sièges, soir deux de plus, seulement, que les sociaux-démocrates. Du coup, les partis albanais, qui ont remporté une dizaine de sièges, ont les clés du prochain gouvernement. Aussi, ils en ont profité pour avancer leurs revendications, formulées, dit-on, dans le bureau d’Edi Rama, le Premier ministre albanais. Et, voyant une opportunité de gagner le pouvoir, le SDSM les a acceptées.

Seulement, le président macédonien, Gjorge Ivanov, a refusé de nommer Zoran Zaev, le chef de file des sociaux-démocrates, à la tête du gouvernement, en invoquant une « atteinte à la souveraineté, l’intégrité territoriale et à l’indépendance de la Macédoine. » Cette décision a été condamnée par les Occidentaux, qui en ont appelé au respect de « l’ordre constitutionnel ».

Depuis, Skopje est le théâtre de manifestations, organisées en soutien à la décision de M. Ivanov. « Il n’y a pas de fin aux exigences des Albanais. Etape par étape, on va vers une Grande Albanie et plus de Macédoine », a résumé une manifestante, citée par l’AFP. Par ailleurs, Moscou va dans le sens du président macédonien, accusant Tirana d’avoir en tête « le plan d’une grande Albanie. »

Toutefois, l’Albanie, par ailleurs membre d’une Otan que la Macédoine souhaite intégrer, se défend de toute ingérence dans les affaires de son voisin… Sauf que le ministre albanais des Affaires étrangères, Ditmir Bushati, a expliqué, rapporte l’AFP; que « se préoccuper de la situation des Albanais au-delà des frontières (était) une obligation constitutionnelle. » Quant à Edi Rama, il a fait valoir que « sans les Albanais, il n’y a pas de Macédoine. »

Pour rappel, le chef du gouvernement albanais avait fait polémique en 2015, quand il avait évoqué l’éventuelle « unification de l’Albanie avec le Kosovo ». À l’époque, l’Union européenne avait dénoncé une provocation.

Plus généralement, les Balkans occidentaux sont la proie de tensions qui tendent à s’affirmer de plus en plus. Et la Macédoine n’est pas un cas isolé : le Montenegro est le théâtre de troubles et les relations de la Serbie avec ses principaux voisins ont connu des jours meilleurs. À cela vient s’ajouter la menace jihadiste, notamment au Kosovo et en Bosnie-Herzégovine.

Source : http://www.opex360.com/2017/03/13/la-crise-politique-en-macedoine-fait-resurgir-le-spectre-de-tensions-interethniques/

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