L’Allemagne sous le choc après les déclarations de Donald Trump

donald-trumpL’interview accordée aux journaux européens « Bild » (Allemagne) et « The Times » (Royaume-Uni) par Donald Trump a généré une vague d’angoisse au sein des cercles dirigeant du Vieux Continent.

En Allemagne tout d’abord où les propos du Président-élu américain envers Angela Merkel suggèrent une prise de distance inédite entre les USA et ce pays.

Le futur 45ème président des Etats-Unis a en effet refusé de dire en qui, de Merkel ou Poutine, il faisait le plus confiance.

Une déclaration sans précédent qui place l’Allemagne, aux yeux de la nouvelle administration, au même rang que la Russie. Du jamais vu depuis l’Après-Guerre.

Cette approche est loin d’être le fruit d’un manque de vision. Au contraire. Donald Trump révise fondamentalement la stratégie américaine en la basant, prioritairement, sur un agenda économique. Il l’a dit et répété : il veut « ramener des emplois » aux USA. Et le futur président ne fait pas mystère du fait que, pour lui, Berlin est d’abord un concurrent au plan commercial. Au même titre que la Chine, le Japon ou le Mexique.

Dans ce contexte général, se rapprocher de la Russie tout en se distançant de l’Allemagne permettrait à Washington d’affaiblir cette dernière en la plaçant, à nouveau, dans une guerre sur « deux fronts ».

En choisissant d’accorder une interview à un journal britannique et à un journal allemand, Donald Trump a envoyé deux messages aux Européens. Tout d’abord, qui sont selon lui les deux acteurs importants à ses yeux en Europe. Et ensuite, qui a ses faveurs. Sans surprise, Londres bénéficie de toute la bienveillance du futur président.

S’exprimant à propos de l’économie allemande, Donald Trump a notamment déclaré :

L’Allemagne est un pays génial, un grand pays producteur. Quand on va sur la 5e Avenue [à New York], on voit que tout le monde a une Mercedes garée devant chez lui, pas vrai ? Or le fait est que vous [les Allemands] êtes très injustes avec les États-Unis. Combien de Chevrolet avez-vous en Allemagne ? Pas beaucoup, peut-être aucune, dehors on n’en voit pas une seule. Ça doit marcher dans les deux sens. Moi je veux que ça soit juste. (…) Vous pouvez fabriquer des voitures pour les États-Unis, mais vous devrez payer 35 % de taxes sur chaque voiture qui entre aux États-Unis.

Une déclaration de guerre commerciale en bonne et due forme qui n’a pas échappé à la chancelière allemande. Pour Trump, l’Union Européenne et la Zone Euro ne sont que des excroissances de la sphère économique allemande :

Regardez l’Union européenne. C’est, en gros, un instrument pour l’Allemagne. C’est la raison pour laquelle je pense que la Grande-Bretagne a eu bien raison d’en sortir (…). Les individus et les pays veulent leur identité. Les Britanniques voulaient leur propre identité. Je pense sincèrement que s’ils n’avaient pas été contraints de prendre tous ces réfugiés – avec tous les problèmes qui vont avec –, alors il n’y aurait pas eu de Brexit. Ça a été la goutte qui a fait déborder le vase. Si vous me posez la question, je vous dirai qu’il y a d’autres pays qui sortiront [de l’Union européenne].

Le futur gouvernement américain fait donc déjà planer la menace d’une division de l’Union Européenne dans le but d’affaiblir l’Allemagne que la Maison Blanche perçoit comme un adversaire plutôt que comme un allié.

Si Berlin tente de s’opposer à ces mesures protectionnistes, les USA agiront de manière agressive contre l’UE et l’Eurozone, pouvant ainsi manœuvrer plus facilement sur le continent au détriment de l’économie allemande.

Berlin en état de choc

Frank-Walter Steinmeier, le ministre des Affaires Etrangères allemand, a réagi à ses propos en disant qu’ils avaient été reçus avec « stupéfaction » par Berlin. Norbert Röttgen, président du comité des affaires étrangères du Bundestag, le parlement allemand, a déclaré au Financial Times que, pour Trump, « l’unité politique de l’Occident n’avait aucun rôle » à ses yeux.

L’Allemagne jouait en effet le rôle de principal allié de la « Pax Americana » en Europe, gouvernant économiquement le continent avec l’aval de Washington en échange d’un soutien sans faille au plan international, notamment face à la Russie. La volonté de rééquilibrer totalement ce rapport entre la Russie et l’Allemagne place cette dernière dans une situation nouvelle, particulièrement instable.

Plus globalement, les USA renouent avec la politique d’indépendance à caractère nationaliste qui fut la sienne avant 1945. L’administration Trump ne veut plus d’une alliance fixe – l’Otan – dont les bénéfices sont perçus comme profitant d’abord à des petits états est-européens.

En dressant le parallèle entre coûts de l’alliance pour les USA et guerre commerciale avec leurs alliés européens, Donald Trump fait clairement comprendre que ceux qui s’opposent à sa politique économique nationaliste devront faire face aux conséquences en termes de protection militaire et diplomatique.

L’économie française, largement arrimée à celle de l’Allemagne, redoute de trop fortes turbulences qui affaibliraient le cœur économique européen. Sans surprise, plusieurs hommes politiques français ont dénoncé l’approche radicale de Trump.

Si la France n’a pas encore fait défaut sur sa dette souveraine, c’est essentiellement en raison de l’Euro qui place de fait celle-ci sous garantie allemande. Si les créanciers de la France estiment que l’Allemagne peut ne plus garantir cette dette, les taux d’intérêts français s’envoleront, déclenchant un défaut sur la dette nationale de l’Hexagone avec des conséquences sociales spectaculaires.

Sources : – http://breizatao.com/2017/01/17/donald-trump-laisse-entendre-quil-veut-disloquer-lunion-europeenne/

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/01/16/trump-s-adresse-aux-europeens-dans-un-entretien-iconoclaste-a-bild-et-the-times_5063164_3222.html

APPEL AUX DONS

Nous nous sommes fixés comme objectif d’atteindre 200 euros/mois. Vous pouvez également cocher la case « Récurrence de l’action » pour que le don soit mensuel. Si cette case ne s’affiche pas sur votre mobile alors il convient de le faire à partir d’un ordinateur. Nous comptons sur vous !

Soutenir civilwarineurope

Donate Button with Credit Cards

Publicités


Catégories :Allemagne

1 réponse

  1. Commentaire sur interprétation… Si tout ça c’est ben vrai c’est inédit, y en a qui vont péter un câble et qui sait si Trump ne cherche pas son suicide, puisque de plus en plus c’est devenu un acte accomplit par délégation. Bon, faut avouer qu’il fonce pas non plus de sorte à se mettre Tout le Beau monde sur le dos. Il caresse Israël dans le sens du poil, voyez vous et pour la Communauté aux States je n’ai pas d’info mais s’il tient à sa vie faudrait pas trop les écrabouiller… ça peut faire un 11.9 à la sauce 2017… mossad, tu nous tiens. Par contre, nous allons passer à la moulinette si des contre mesures adaptées ne sont pas prises juste à temps. D’ici juin toujours gouvernés par des incapables notoires, on peut légitimement douter de leur sagacité à tirer profit de la politique promise par Trump éventuellement mise en pratique le moment venu et sortir à temps de l’UE et de l’€, comme il se doit. Si un tel scénario est mis sur scène, toutes sortes de grosses émotions garanties. Un « nouveau » monde probablement.

    J'aime

%d blogueurs aiment cette page :