La justice française relâche un Albanais Kosovar, criminel de guerre présumé

1029578730La justice française a ordonné, jeudi 12 janvier, la remise en liberté de Ramush Haradinaj. Interpellé il y a tout juste une semaine, à l’aéroport de Bâle-Mulhouse, l’ex-Premier ministre kosovar faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Les autorités serbes le suspectant d’avoir torturé et assassiné des dizaines de civils pendant la guerre. Ramush Haradinaj n’aura passé en tout et pour tout qu’une semaine dans les geôles françaises. L’ex-Commandant de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) et ancien Premier ministre (pendant cent jours, en tout et pour tout, entre 2004 et 2005) de la région Serbe sécessionniste est ressorti libre du tribunal de Colmar jeudi 12 janvier.

Une remise en liberté qui ne surprend pas Slobodan Despot, écrivain et éditeur d’origines serbo-bosniaque. Pour lui, si des « très bonnes raisons » expliquent certainement cette décision du tribunal, il n’exclut pas « l’existence de pressions, de nature politique, économique et même beaucoup plus concrètes, de gens avec qui on ne plaisante pas. » « Cela ne m’étonne pas, ce qui eut été vraiment surprenant c’est que la justice française agisse dans le cadre d’Interpol et qu’elle extrade ce criminel — ce criminel présumé, évidemment —, alors là on aurait été vraiment très étonnés, positivement, par l’intégrité, la probité, des magistrats français… mais en Europe de l’Ouest ce n’est pas du tout ce qu’on attend. » Il faut dire que depuis plusieurs jours, on relate dans la presse que son interpellation en France menace la reprise du dialogue entre la Serbie et le Kosovo, Ramush Haradinaj étant considéré par les Albanais de cette province comme un « héros de guerre ». Rappelons toutefois que Ramush Haradinaj est le plus fervent opposant au rétablissement des relations entre Pristina et Belgrade.

(…) « Cela fait 25 ans que la crise de l’ex-Yougoslavie est traitée en Occident dans un seul sens, avec une seule catégorie de coupables et une seule catégorie d’innocents, la culpabilité d’un chef de guerre albanais pour l’instant n’est pas à l’ordre du jour. » (…) Il faut dire que le procès d’un homme tel que Ramush Haradinaj raviverait des souvenirs que les pays occidentaux aimeraient bien oublier, eux qui ont été les soutiens de premier plan de l’UCK et de la sécession du Kosovo. « Dans la situation actuelle, l’OTAN est tellement ébranlée, tellement mise en doute, que personne, je pense, en Europe de l’Ouest n’aimerait rouvrir le dossier du Kosovo, c’est un dossier qu’on essaie d’oublier aussi soigneusement que possible. » Ramush Haradinaj, un individu littéralement intouchable, un « funambule extraordinaire qui se tire de toutes les situations quelles qu’elles soient » juge Slobodan Despot. Acquitté à plusieurs reprises par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de près de 37 chefs d’inculpation. Des acquittements survenus dans des circonstances plus que troubles. Comme nous l’expliquait la semaine dernière le Colonel des forces spéciales Jacques Hogard, qui fut déployé au Kosovo dans le cadre de l’OTAN, Ramush Haradinaj a été acquitté dans des conditions assez troubles. « […] au fur et à mesure que disparaissaient les témoins à charge qui étaient assassinés, qui mourraient dans leur baignoire, qui étaient renversés par un bus, qui disparaissaient purement et simplement de la circulation et ce personnage est certainement l’un des plus grands criminels de guerre de notre époque troublée. » « La procureur du TPIY, Madame Carla Del Ponte a dû renoncer à nombre de témoignages à charge pour cause de disparition, c’est-à-dire d’assassinats de témoins contre ce monsieur. » confirme Slobodan Despot.

Comme nous le rappelions aussi la semaine dernière, le rapport du sénateur suisse Dick Marty sur le trafic d’organes organisé entre le Kosovo et l’Albanie et qui fit l’effet d’une bombe au moment de sa présentation devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe en décembre 2010, s’est rapidement enlisé: « Un rapport accablant sur l’industrie du trafic d’organes au Kosovo, un rapport qui donne des faits précis et qui implique la classe politique dirigeante du Kosovo ». Classe politique dont fait d’ailleurs partie Ramush Haradinaj, même s’il n’est pas directement cité dans le rapport en question. La mise sous le boisseau du rapport Marty n’est d’ailleurs pas une première sur le thème. Carla Del Ponte, pourtant ex-procureur général du TPIY, évoquait dans ses mémoires — deux ans avant D. Marty — l’existence de ce trafic d’organes. Il faut dire que dans cette affaire, Ramush Haradina, aujourd’hui chef de l’opposition au Kosovo n’est pas le seul impliqué, son compagnon d’armes de l’UCK, Hashim Thaçi, actuel Président du Kosovo, l’est également. Slobodan Despot se désole: « C’est probablement le crime le plus hideux de toute la guerre civile yougoslave qu’on est en train d’essayer d’étouffer. »

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201701131029578755-ramush-haradinajr-france-justice/

L’opinion de civilwarineurope

N’est-ce pas cette même justice française qui prétendait faire comparaitre Bachar el-Assad pour crime de guerre mais qui ne dit rien sur Ramush Haradinaj ? Hypocrisie et indignation sélective. Comme d’hab quoi. Nous ne sommes même plus étonnés…

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